L’industrie manque de bras

Charente - Charente Maritime

Actu et vie pratique, Les établissements, Les filières métiers - 13/03/2008

INDUSTRIE. La Cité des formations professionnelles (CIFOP) forme plus de 1400 apprentis chaque année notamment dans les métiers de l’industrie, un secteur très demandeur qui peine à séduire

L’industrie manque de bras

    
La Cité des formations professionnelles (CIFOP), poids lourd de la formation par alternance en Charente avec plus 1400 apprentis cette année et cinquante-huit sections différentes. Cet « outil de formation professionnelle au services des entreprises » de la Chambre d’industrie et de commerce (CCI) d’Angoulême couvre six filières de formation initiale  dont plusieurs vers les métiers de l’industrie graphiques et le packaging, la métallurgie et les métiers de l’automobile.
Des secteurs de l’industrie qui embauchent mais qui peinent à trouver des vocations. Un comble quand le chômage flirte avec les 8 % de la population active en France comme en Charente. Ainsi en 2007, la Cifop d'Angoulême n'avait pas pu répondre à une cinquantaine d'offres d'embauche d'apprenti . 0 la dernière rentrée la situation est meilleure mais des places sont restées vacantes. Pour l'essentiel, la demande provient d'entreprises locales dont tout ou partie des activités concerne la branche métallurgie, qui englobe tous les métiers mettant en œuvre des métaux (chaudronnerie, usinage, mais aussi maintenance, électronique, process, etc.).
La demande est en forte hausse. Le Centre de formation des apprentis de l'industrie (CFAI) de la Cifop, qui forme les jeunes vers ces métiers, note une progression de 25 % de ses effectifs en deux ans. «Le secteur se porte bien. Ce sont les besoins des entreprises qui tirent la formation. Sans employeur, il n'y a pas d'apprenti», image Luc Debast, responsable du développement de la filière industries métallurgiques. Il précise que le secteur de l'industrie est large: «30 % des jeunes du CFAI sont dans des entreprises hors métallurgie, des papeteries, cartonneries, verreries, tuileries qui recherchent leurs compétences en maintenance, en électronique notamment.»
Les jeunes traînent des pieds pour aller vers l'industrie. «C'est vraiment dommage, parce que ces offres mènent vers des emplois assurés. Les exemples sont nombreux. L'industrie graphique a besoin de conducteurs de machine, dans le cartonnage, la métallurgie. On cherche des techniciens de niveau bac pro ou BTS », ajoute Antoine Tartaglione, directeur de l'enseignement et de la formation professionnelle de la Chambre d'industrie et de commerce (CCI) d'Angoulême qui gère la Cifop. Il cherche des raisons à cette situation : « L'industrie a encore sans doute une mauvaise image, très loin de la réalité. Et puis, dans un contexte général où sont régulièrement évoquées les délocalisations, les jeunes comme les parents sont méfiants.»
Et pourtant les entreprises recrutent et souvent à des salaires très attractifs. De quoi donner des idées. La Cifop a ainsi mis en place un Point information des métiers et de l'emploi, le PIME qui suggère des réorientations notamment vers les métiers qui offrent des emplois assurés ce qui est le cas dans l’industrie graphique la métallurgie ou le cartonnage.
La CIFOP qui veut « répondre aux attentes de développement des secteurs économiques du territoire » vient de créer une nouvelle formation très pointue : un master Matériaux et management Ingénierie graphique et packaging, suite logique du pôle de formation constitué autour de la production graphique et packaging. Pour Antoine Tartaglione « C’est la réponse à une activité industrielle régionale majeure. »

CIFOP, boulevard Salvador Allende, 16340 L’Isle-d’Espagnac
Tél.05.45.90.13.13
www.cifop.fr
 



PARTENAIRES